Le Plus Beau 

des Voyages

Un Voilier est amarré au quai d’un village Celte.

Il est là depuis de si nombreuses années, personne n’arrivait à hisser ses voiles  tant elles étaient lourdes, chargées d’histoires horribles, de tant de souffrances.

Il attendait, beaucoup de monde passait devant lui sans s’en soucier, ses couleurs étaient devenues si ternes.

Le désespoir l’emporta, il se laissait doucement couler, de minces fissures dans sa coque faisaient passer l’eau.

Jour après jour, il s’enfonça de plus en plus, le poids des années étant bien là, il n’était plus solide.

Un jour de grosse tempête ses amarres ont lâché, l’eau si puissante l’emporta vers le large.

Il était presque englouti, ne trouvant plus aucune force.

Il  s’échoua sur le sable au bord d’une maison en pierres et aux volets bleus, maisonnette de pêcheur abandonnée en plein océan.

Le Voilier resta longtemps sur le sable et en partie immergé dans la grande bleue.

Les jours et les nuits passèrent dans cette terrible solitude.

Plus rien n’avait d’importance pour lui, plus de lumière, l’obscurité totale était là.

Les jours se suivirent ainsi et un jour vint un Goéland, oiseau venu de nulle part, oiseau d’un autre monde, si irréel dans ce décor sans vie.

Il fût surpris de voir ce Voilier, n’osant l’approcher par respect, par timidité sans doute ou ne voulant pas le brusquer.

Le Voilier ne voyant pas vraiment cet oiseau, devenait fataliste au fil des années après tant d’épreuves.

Le Goéland tenta une approche mais rien n’y faisait, le Voilier restait impassible.

L’oiseau était bien entêté, bien décidé à se faire un ami sur lequel il voguerait.

Un Goéland têtu mais si patient, lui aussi finalement se sentait bien seul dans ce monde si hostile, un univers d’incompréhension et de jugements.

Il n’était pas là par hasard, lui aussi la vie l’a fait arriver sur cet îlet.


Au fil des jours l’oiseau et le Voilier apprirent à se connaître, à échanger, à écouter l’autre tout simplement.

L’Océan est si vaste, les changements de temps si fréquents.

Le Voilier avait tant de mal à tenir sa coque lors de fortes tempêtes.

Ses voiles étaient meurtries, il n’arrivait pas à garder le cap, le Goéland ne désarmait pas, ses ailes virevoltaient et il savait si bien trouver son équilibre.

Il arrivait à guider le frêle bateau, l’encourageant ainsi, même s’il ne s’en rendait pas bien compte tant la tempête était violente.

Après des jours de tumulte le calme arriva enfin.

Plus un nuage, plus de vent, la mer était si calme tout à coup.

Les voiles ne servaient plus mais le bateau se laissa naviguer sur l’eau, appréciait le calme après tant d’efforts, de souffrances et de fatigue.


Le Goéland avait bien résisté lui aussi grâce à l’aide du voilier qui lui avait servi de soutien.

Il avait pu reposer ses ailes.

Le Voilier et le Goéland surent qu’ils étaient complémentaires, que l’un faisait la force de l’autre.

Dans le calme comme dans la tempête, ils continuèrent leur voyage avec plus de sérénité sachant que l’un trouverait le réconfort en l’autre.

Rien ne devra les perturber, ils méritent la quiétude, le silence, la joie et le bonheur…

 

Quelques vagues pour un océan de plaisir.

Mon imagination fruit de la réalité entre toi et moi.

Quelques rayons de soleil pour égayer nos heures sombres.

Quelques notes de musique que nous affectionnons tant.

Quelques sourires dans notre âme pour avancer.

Quelques regards pour ‘lire’ l’Autre.

Tous les voyages devraient être si beaux…

Ecrit en novembre 2007... 

2010 Je retrouverai la belle histoire avec mon meilleur ami...

 


 

 

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